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"Le Club des Cinq " relu par antigone !
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Article ajouté le 23 avril 2009
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Introduction
Rien n'arrête plus antigone qui, par défi, suit cette fois ci le chemin improbable de la relecture de la littérature enfantine, à savoir un tome du fameux "club des Cinq" de Enid Blyton.
Ce qui lui fait faire des découvertes pour le moins étonnantes ! Très bonne lecture...
Enid Blyton fairait donc dans le subversif !
Il faut toujours se méfier de ses amies. Mais j'ai cédé... car le challenge m'a paru intéressant. Il s'agissait tout simplement de parler de littérature enfantine. Dont acte.
Si je parle de challenge, c'est que j'imagine que les moins de 12 ans sont peu nombreuses à fréquenter le site, quand aux plus grandes...
Mais il se trouve que j'ai eu envie de rendre un hommage plus qu'appuyé à une écrivaine chère à mon cœur : Enid Blyton et son fameux " Club des Cinq ", un des piliers de la bibliothèque rose ! Attention, qu'on ne s'y trompe pas ! Quand je dis rose, c'est rose comme l'enfance hein ?! ts ts ts...
Donc pour en revenir à Enid Blyton, je dois avouer que j'ai longtemps cru que ce nom était le pseudonyme d'un homme ! Erreur totale. La dame exista vraiment.
Quelques recherches sur internet plus tard, j'ai découvert qu'Enid Blyton a des fans inconditionnels. Pas mal de sites lui sont dédiés. Il existe même une " Enid Blyton Society ". Rien que ça ! J'avoue du reste que la plupart des informations dont je dispose viennent du site internet de l'association en question : http://www.enidblytonsociety.co.uk/.
Or donc, je me suis demandé, pourquoi, entre tous les romans de mon enfance, les " Club des Cinq " avaient été tellement plus marquants que les autres. Pour cette raison, n'écoutant que mon courage, je suis allée dans une librairie à la recherche d'un de ces livres. La chance voulut que le 1er opus de la série y soit, caché derrière une pile de Harry Potter.
La couverture était toujours rose, mais le format avait légèrement changé. Les illustrations également. Peu importait. Je quittais la librairie et fonçais vers le métro, dévorant mon roman pour enfant : " Le Club des Cinq et le trésor de l'Ile ", sous l'œil suspicieux d'une mégère que la politesse apprivoisait à peine.
La commère dut me prendre, soit pour une folle échappée d'un asile de jour, soit pour une institutrice. Je m'en foutais car sous mes yeux, la vérité se faisait jour, et je comprenais enfin, 30 ans plus tard, la raison de mon amour pour les livres d'Enid Blyton.
Et cette raison, c'était tout simplement un personnage : Celui de Claude, diminutif de Claudine. Dans la version originale anglaise, elle s'appelle Georges, diminutif de Georgina. Mais qu'importent les prénoms, puisque la problématique reste. Et la problématique, c'est celle d'une gamine de 11 ans, une fille unique (dans tous les sens du terme), qui refuse d'être une fille.
Tout simplement...
Et je le prouve, me permettant de citer quelques phrases de choix, tirées du chapitre 2, le bien nommé " Une étrange cousine ".
Nous découvrons donc, avec la mère de la gamine, qu'il faut l'appeler " Claude " et non " Claudine ". Si ma propre mère avait parlé comme ça, je dois avouer que mon enfance aurait été bien différente. Je cite :
" Oui, son prénom est bien Claudine. Mais elle déteste être une fille et demande qu'on l'appelle Claude, qui fait plus masculin ".
Et voilà ! Voilà des parents qui ne se posent aucune question et sans s'inquiéter le moins du monde, jouent le jeu. Claudine sera donc appelée Claude. Mais ont-ils le choix ? Car l'enfant est très claire avec tout le monde :
" Je suis Claude (...) et je ne répondrais que si tu m'appelles comme ça. Je déteste être une fille. Je ne veux pas en être une. Je n'aime que les jeux de garçons. Je grimpe aux arbres et je nage mieux que n'importe quel garçon. (...). Si tu veux que je te réponde, tu dois m'appeler Claude ".
Le summum étant, selon moi, cette question que pose Claude à sa cousine :
" Tu n'es pas désespérée d'être une fille ? "...
Et j'en passe ! Car tout au long des aventures, il arrivera souvent que la petite fille soit prise pour un garçon, ses cheveux courts et sa silhouette faisant toujours illusion. Du reste, Claude ne détrompe pas les gens qui la prennent pour un garçon.
Alors voilà, voilà des livres pour enfants qu'on met entre toutes les mains et qui sont, je l'affirme, absolument subversifs. A 12 ans, déjà, quelques questions commencent à se poser dans les têtes. Bien sur, toutes les filles ne furent pas des garçons manqués. Et tous les garçons manqués ne tournèrent pas transgenre. Mais pour celles qui durent endurer les jupes plissées, les ballerines roses et autres nœuds dans les cheveux, celles qui passèrent des quantités de Noël à recevoir des poupées tout en bavant d'envie sur le jeu de mécano de leur frère... celles-là me comprendront.
Aussi, j'avoue, qu'à cet âge là, quand je découvris cette fameuse Claude, et surtout, quand je vis la réaction de ses parents, lesquels finalement la soutenaient dans son désir d'être un garçon, ce fut une révélation.
Voilà pourquoi, aujourd'hui, je rends hommage à Enid Blyton, qui écrivit ces livres il y a plus de 60 ans. Et je ne crois pas me tromper beaucoup en disant qu'aujourd'hui, ce type de personnage ne franchirait pas sans édulcorant, les filtres d'une certaine censure bien pensante.
Mais j'imagine que si Enid Blyton put écrire ce qu'elle écrivit, c'est tout simplement parce que personne n'avait pensé aux implications de son personnage. La naïveté liée à une certaine ignorance pouvait aussi, n'en doutons pas, avoir du bon.
Article rédigé par antigone pour Sortir entre Filles
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